Je n'échangerais point la tristesse de mon coeur contre la joie des gens, et je n'accepterais point que les larmes tirées de mon tréfonds par la mélancolie se transforment en rires. Je souhaiterais que ma vie continue d'être larme et sourire : une larme qui purifie mon coeur et me fait saisir les secrets et les énigmes de la vie, et un sourire qui me rapproche de mes semblables et symbolise la gloire que je rends aux divinités ; une larme que je partage avec tous ceux qui ont le coeur meurtri, et un sourire qui est l'expression de ma joie d'exister.
Je veux plutôt mourir de désir que de vivre d'ennui. Je veux qu'il y ait dans mon for intérieur une soif d'amour et de beauté ; car j'ai ouvert les yeux et j'ai vu que ceux qui demandent à être comblés encore davantage sont les plus malheureux et les plus matérialistes, puis j'ai prêté l'oreille et j'ai entendu les soupirs de celui qui endure la séparation et le désir plus doux que les sons des cordes d'un luth pincées par un virtuose.
Avec la nuit qui tombe, la fleur replie ses pétales et se livre au sommeil, en étreignant son désir. Aux lueurs du matin, ses lèvres sont à peine écloses pour recueillir le baiser du soleil. Ainsi la vie des fleurs est un ardent désir et une union charnelle, une larme et un sourire.
Les eaux de la mer s'évaporent et s'élèvent très haut pour s'amonceler en des nuages voguant par-delà les collines et les vallées. A la rencontre des brises suaves, elles se laissent choir en pleurs sur les champs pour se rassembler dans les ruisseaux et rejoindre la mer, leur patrie. La vie des nuages est séparation et retrouvailles, larme et sourire. Il en va de même pour l'âme : elle se sépare de l'Esprit universel pour cheminer dans le monde de la matière et passer, tel un nuage, au-dessus des montagnes de tristesse et des plaines de joie, puis elle rencontre les zéphyrs de la mort : dès lors elle revient là où elle était, à la mer de l'amour et de la beauté, à Dieu.
Khalil Gibran
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lundi 22 février 2010
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FEMMES ET HOMMES
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots
Julos Beaucarne
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots
Julos Beaucarne