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vendredi 21 octobre 2011

Saisir...

Recueillir le grain des heures
Etreindre l'étincelle
Ravir un paysage
Absorber l'hiver avec le rire
Dissoudre les nœuds du chagrin
S'imprégner d'un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Ecouter l'océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d'amitié.

Andrée Chedid 
(Au coeur du coeur)

dimanche 27 février 2011

Ensemble

Je chemine vers les fonds de toi
Où le regard est en repos
Où l'ombre se replie
Où les murs se descellent

Quand j'ai appris
Que ton geste et ton mot
N'étaient que tes saisons
J'ai pris sur moi ce pèlerinage
Pour te franchir porte à porte
O toi qui me conteras notre histoire.

Andrée Chedid
(Au coeur du coeur, Ed. Librio, p. 18)

vendredi 11 février 2011

Je voudrais en parler, mais je me tais


Dans ma jeunesse, je n'avais jamais connu le goût du chagrin
Mais je me plaisais à hanter de hauts balcons
Du haut desquels, pour écrire des poèmes nouveaux,
je me forçais à chanter d'imaginaires chagrins.

Aujourd'hui que j'ai bu le chagrin jusqu'à la lie
Je voudrais en parler, mais je me tais
Et si j'ouvre la bouche, c'est seulement pour dire:
« L'air est frais, quel bel automne ! »

Xin Qiji

lundi 31 janvier 2011

Regarder l'enfance


Jusqu'aux bords de ta vie
Tu porteras ton enfance
Ses fables et ses larmes
Ses grelots et ses peurs

Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance
Entravant ta marche
Ou te frayant chemin

Singulier et magique
L'œil de ton enfance
Qui détient à sa source
L'univers des regards

Andrée Chedid

vendredi 26 novembre 2010

Femme résistance

Femme tant que les étoiles brilleront, il va falloir lutter
Prendre sur soi pour briser cette solitude qui nous fait perdre espoir
Se lever, marcher pour gagner notre liberté
S’armer de courage, de connaissances pour exprimer nos revendications.

Oui femme, comme la fleur a besoin d’eau
Tu as besoin de vivre, d’aimer, de rire de reconnaissance
Tenace, réaliste patiente tu revendiques le droit à l’égalité
Volontaire et combative sans relâche, tu continues à te battre

Femme, ta patience t’a permis de gagner des batailles
Tolérante, tu as su comprendre autrui sans préjugé
Car intelligente, responsable, solide, tu ne cesses d’avancer
Pour vaincre la maladie, l’exclusion et la méchanceté

Oui femme du monde, ta sensibilité apportera la paix
Ta parole, ton endurance face aux difficultés
Montrent ta résistance et ton envie d’exister
Envers et contre tous en développant ta confiance en toi

Béatrice Coman

Une très jolie découverte, aujourd'hui, sur le net.
Allez voir son site :
--> Les Caraïbes, Recueil de poèmes.

mercredi 3 novembre 2010

Ainsi que des faucons s'accouplant en plein vol, ...

Ainsi que des faucons s’accouplant en plein vol,
arrimés à l’amour,
quelques fois à la haine
Perdus dans les hauteurs
et refusant d’un geste vaste
la pesanteur et ses limites
Ainsi que des rêveurs en quête de réel,
explorateurs d’espace
et de franchissement
dans tous les lieux du dire,
par le rythme et le souffle
Passagers clandestins,
cachant nos désirs d’absolu par peur des dieux jaloux
nous errons et planons
ballotés d’amours en refus
d’espoirs fugaces en douleurs provisoires
cherchant des points d’ancrage
dans les sables mouvants
Ainsi que de grands fauves
En manque de tendresse

Colette Gibelin


Magnifique  ! Je re-découvre, ce soir, la poésie de Colette Gibelin...
Je la remercie infiniment de m'avoir donné son accord pour que je puisse ainsi déposer sur mon blog quelques-uns de ses poèmes.
.

mardi 21 septembre 2010

Poème : Sans l'oublier

Voici bien longtemps que je n'ai pas déposé de poème.
En voici un très beau de Marceline Desbordes-Valmore :

Sans l'oublier

Sans l'oublier, on peut fuir ce qu'on aime.
On peut bannir son nom de ses discours,
Et, de l'absence implorant le secours,
Se dérober à ce maître suprême,
Sans l'oublier !

Sans l'oublier, j'ai vu l'eau, dans sa course,
Porter au loin la vie à d'autres fleurs ;
Fuyant alors le gazon sans couleurs,
J'imitai l'eau fuyant loin de la source,
Sans l'oublier !

Sans oublier une voix triste et tendre,
Oh ! que de jours j'ai vus naître et finir !
Je la redoute encor dans l'avenir :
C'est une voix que l'on cesse d'entendre,
Sans l'oublier !

Marceline Desbordes-Valmore

lundi 12 juillet 2010

Dépêchons. La vie n'attend pas...

(...)

Dépêchons !
La vie n'attend pas

Même innocents du sang de notre prochain
il nous arrive de tuer la vie en nous
Plusieurs fois plutôt qu'une

Le voile
qui nous recouvre les yeux et le coeur
Les barricades que nous dressons
autour du corps suspect
La lame froide
que nous opposons au désir

Les mots que nous achetons et vendons
au marché florissant du mensonge
Les visions
que nous étouffons dans le berceau
La sainte folie
que nous enfermons derrière les barreaux

La panique que nous inspirent les hérésies
La surdité élevée au rang d'art consommé
La religion largement partagée
de l'indifférence

Bien des messagers
frapperont encore à notre porte
Y aura-t-il quelqu'un
dans la maison ?

Dites-moi
vers quel néant
coule le fleuve de la vie
C'est quand la dernière fois
que vous vous y êtes baignés ?

Abdellatif Laâbi

mercredi 3 février 2010

Souviens toi...

Ainsi pour avancer sur la terre
nous suivons un rayon de lune
jusqu'aux heures à peine éveillées de l'aube
nous revenons pour partir encore

souviens-toi de la toute première rencontre

longeant des chemins infinis nous croyons
lire dans la terre à livre ouvert et elle
nous abandonne un reflet du visible

souviens-toi de ce que tu as oublié de voir

ainsi au fond de nos yeux
aucun mirage ne meurt aucun nuage
nul oiseau mémoire des être lieux choses

souviens-toi comme je frappais des pieds la terre

ainsi au fond de nos coeurs
nul deuil ne se fait nulle flamme
ne s'éteint nulle passion

souviens-toi quand j'ai tourné la lame contre moi

ainsi du bout de nos doigts naissent
des galaxies des sentiers étoilés de caresses
des points de suture pour nos âmes

souviens-toi de mon corps dans l'éclair du plaisir

ainsi sur les lèvres de chacun
pas un silence ne meurt pas une parole
et chacun contemple ce qu'il a oublié de vivre

alors souviens-toi
souviens-toi de ce qui eut lieu sans toi sans moi
souviens-toi du dernier et du premier poème
souviens-toi de ce que jamais je n'ai dit
des rêves que je ne raconterai pas
souviens-toi de mes colères quand réduite
en cendres je renaissais arbre femme oiseau
souviens-toi de mes vies vécues avant toi
des jours où je disparaissais
des lieux où je reparaissais
souviens-toi de ton antique patience
des moments où la nuit nous tissait
un suaire de nuit
souviens-toi de mes envols de mes chutes
de nos alarmes de nos rires de nos larmes
de ma part d'ombre et de lumière
souviens-toi de la faille oblique des regards
qui brillent dans les ténèbres

souviens-toi de l'absence à venir

Amina Saïd
La douleur des seuils

jeudi 28 janvier 2010

Une aile qui frôle

Une aile qui frôle
Une heure qui passe
Une fleur s’éteint
L’autre s’allume

Tant de choses
Soulevées par le vent
D’une heure qui passe
D’une aile qui frôle

Un petit bout d’heure
Un court bruit d’aile
Un peu de poussière
La nôtre ou la leur ?

Un brin de musique
Un brin de silence
Une aile qui frôle
Une aile qui passe

Max-Pol Fouchet

dimanche 24 mai 2009

Gare du Nord



Mais que font les trains dans les gares
depuis qu'on ferre les chemins?
Dans les gares, les trains rêvent
et tous ces rêves de tant de trains
emplissent l'air dans les gares,
autour des gares et parfois loin.

Que font les humains dans les gares?
Ils consultent en courant
les horaires de l'amour
qui les attendait, qui les attend,
de l'amour qui les attendra.
Ils font rêver les trains
et vibrer l'air dans les gares,
autour des gares et parfois loin.

Francis Dannemark
Une fraction d'éternité
.

mardi 12 mai 2009

La vie profonde

Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l'espace !

Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.
- S'élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.

Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau,
Et comme l'aube claire appuyée au coteau
Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...

Anna de Noailles

(photo trouvée sur le net)

lundi 27 avril 2009

Je Dialogue

.


Je Dialogue
En mots logiques
Tu te détournes

Je divague
En mots obliques
Tu me contournes

Je Dialogue
En mots romantiques
Tu séjournes

Andrée Chedid

*****

A partir de jeudi soir, je serai de nouveau absente quelques jours. Ne soyez donc pas étonnés de ne pas me voir. Je serai de retour mardi. Je vais me balader en Corse !... ;-)
Bonne semaine à vous, et de très gros bisous !

(photo de Willy Ronis)

lundi 6 avril 2009

Soudain l'oiseau chante

.

L'amour est introuvable
Je n'ai plus qu'un oiseau
Pour partager ma peine

Nous parlons de l'Absence
Nous parlons du temps creux
Du manque et de l'oubli

Mais soudain l'oiseau chante
Le buisson fleurit

Soudain c'est l'abondance
L'Absence se détruit.

Andrée Chedid

Photo trouvée sur le net

jeudi 2 avril 2009

Les passantes

Les passantes, merveilleux poème d'Antoine Pol (1888-1971), mis en musique et chanté par Georges Brassens. Un pur moment de bonheur. Ecoutez...



Les passantes



Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Antoine Pol

Le dessin est de Henri Matisse

lundi 30 mars 2009

Si mes vers avaient des ailes

.


Mes vers fuiraient, doux et frêles,
Vers votre jardin si beau,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l'oiseau.

Ils voleraient, étincelles,
Vers votre foyer qui rit,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l'esprit.

Près de vous, purs et fidèles,
Ils accourraient nuit et jour,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l'amour.

Victor Hugo
(Les contemplations - L'âme en fleur)


Accompagnée de ces vers si doux de Victor Hugo, je vous souhaite une très bonne semaine !

.

dimanche 8 mars 2009

Me voici maintenant...

.


Me voici maintenant au milieu de mon âge,
Je me tiens à cheval sur ma belle maison ;
Des deux côtés je vois le même paysage,
Mais il n'est pas vêtu de la même saison.

Ici la terre rouge est de vigne encornée
Comme un jeune chevreuil. Le linge suspendu,
De rires, de signaux, accueille la journée ;
Là se montre l'hiver et l'honneur qui m'est dû.

Je veux bien, tu me dis encore que tu m'aimes,
Vénus. Si je n'avais pourtant parlé de toi,
Si ma maison n'était faite avec mes poèmes,
Je sentirais le vide et tomberais du toit.

Jean Cocteau

*La photo est de Steven Mitchell

lundi 23 février 2009

De l'autre côté du soleil

.

rosée sur la pierre du monde
j'aurai cherché un sens
sous le regard des astres
qui nous éclairent

forte de l'instinct de la nuit
j'aurai cherché un seul le Lieu
la lumière mes découvertes
autant de stèles dressées vers le ciel

j'aurai aimé cette terre
chéri joies et blessures
aimé ma solitude le silence
et le risque de la parole

j'aurai aimé l'amour ressurgi soudain
comme un exil de plus
sacrifice
où se survivre à soi-même

j'aurai aimé
ce que je ne connaissais pas encore
et jusqu'à l'abîme
notre unique vérité

la lumière je l'aurai entrevue
avant de retrouver
infinis sous mes pas
les chemins de l'ombre

de quoi rêvais-je
dans ma nuit de femme
sinon de ce qui de nous
avait une chance de survivre

Amina Saïd
La douleur des seuils
Clepsydre/Éditions de la Différence,
Paris, 2002, pp. 97-98.

lundi 2 février 2009

Le mensonge est un noble secret

Voici bien longtemps que je ne vous ai pas mis un poème d'Anna de Noailles. Et pourtant, elle écrivait magnifiquement bien. En voici donc un.
Bon début de semaine à vous !



Le mensonge est un noble secret

Ils sont les bâtisseurs hasardeux des pensées,
L'âme la plus puissante est parfois dépassée
Par ces rêves actifs que l'on voit se mouvoir.

Laissons se balancer dans leur ombre décente
L'excessive tristesse et l'excessif besoin !
Confions le secret ou la hâte oppressante
Au silence sacré qui ne les livre point.

Un souvenir dormant cesse d'être coupable,
Tout ce qui n'est pas dit est innocent et vrai;
S'il consent à garder sa face sombre et stable
Le mensonge lui-même est un noble secret.

Ô Vérité tentante et qu'il faut qu'on esquive,
Monacale pudeur, effort, renoncement,
Sainteté des torrents retenant leur eau vive,
Solitude du cœur et de la voix qui ment !

Tendresse de la main qui parcourt et qui lisse
La vie atténuée et calme des cheveux,
Tandis que le désir se prive du délice
De déchaîner l'orage éloquent des aveux

Résolution pure, auguste et difficile
De n'accaparer pas l'esprit avec le corps,
De rester étrangers, pour que le plus fragile
Ne soit pas prisonnier de l'ineffable accord !

Feintise d'être heureux en dehors de l'ivresse,
Accommodation aux paisibles instants:
Plus que les cris, les pleurs, les secours, les caresses,
Vous êtes le mérite insondable et constant !

Anna de Noailles


Peinture de John William Waterhouse

lundi 12 janvier 2009

L'éternité est dans la cour

L’homme a agrippé la femme
Et la femme murmure
« Ne t’écarte pas, nous tombons
Tu vois, c’est un voyage dans le vent de la chute
Et c’est si beau
Le vent s’enchante
Dans la maison trop claire qui tient sa paume ouverte
Comme une plaine
Sans turbulence malgré le vent »
Tous deux s’épousent et le moment ne tombe pas
La femme ne sait pas où ils vont
L’homme croit peut-être le savoir
Elle ferme simplement les yeux
Pour mieux sentir son cœur qui navigue vers lui
Et les vergers font des étoiles
On voit le vent qui s’énamoure
Et qui secoue les arbres fous
L’homme et la femme emportent pour repères
La satiété d’anciens châteaux du paysage
Qu’ils ont toujours connus arrimés dans le temps
« Ne t’écarte pas, nous tombons »
Nœud partageable fol appui
Le voyage et son point fixe
Et le moment ne tombe pas
Et c’est sans eux que le temps se décline

Gabrielle Althen (1939)

FEMMES ET HOMMES

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots

Julos Beaucarne