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lundi 12 septembre 2011

J'étais fragile...

J'étais fragile comme du papier
J'étais facile à déchirer
Le moindre petit vent contraire
M'envoyait de suite en enfer
J'étais fragile comme du cristal
Des jours très bien, des jours très mal
A la merci de l'air du temps
Un mot me griffait jusqu'au sang.

J'étais l'argile du potier
Je me laissais toujours modeler
Un jour j'ai voulu être moi
Plutôt qu'une autre sous tes doigts
J'ai voulu savoir qui j'étais
Etais-je l'algue ou la forêt
Etais-je la soie ou la laine
Le granit ou la porcelaine ?

Aujourd'hui je vais vers moi-même
Même s'il en coûte à ceux qui m'aiment
Trop habitués à me voir
Docilement suivre leurs couloirs
Aujourd'hui je me suis de près
Je ne me quitte plus jamais
Je ne m'éloigne plus de moi
J'allais de guingois, je vais droit.

Je suis subtile, je rebondis
je suis heureuse et puis je ris
Il n'y a plus de vents contraires
Je nage au milieu de la mer
Je suis légère comme une plume
Je sors enfin de la brume
Je suis bien dans ma propre peau
Je navigue au fond de mon eau.

Très beau poème de Julos Beaucarne

mardi 6 septembre 2011

Remonter la montre de son coeur

L'essentiel est de pouvoir remonter la montre de son coeur.
- Julos Beaucarne -

Peinture de Jean-Michel Folon

jeudi 3 février 2011

Il n'y aura jamais assez

Il n’y aura jamais assez
De caresses et de baisers
Sur cette terre
J’aimerais ne partager
Que douceur tendresse et paix
Ma vie entière
Ni toi ni moi ne sommes faits
Pour la guerre
Nous sommes faits pour marcher
Résolument vers la lumière
Je ne veux plus entre toi et moi
Une quelconque intifada
Je ne veux plus te parler sabre
Je veux la grande paix sous les arbres
J’veux respirer l’air du matin
Tout frais, tout neuf qui fait du bien
Je veux remplir mes poumons d’air pur
J’veux de l’amour et pas des murs
De janvier jusqu’en décembre
Je ne veux naviguer que tendre
Je ne veux plus la moindre fusée
De longue ou de moyenne portée
Je veux un ciel bleu dégagé
Que le soleil puisse y jouer.

Julos Beaucarne


Allez visiter son blog, il y a de si belles choses. 
C'est ici --> ; Julosland

dimanche 20 juin 2010

Ma jolie, ma tendre verte

Pour vous, pour moi, cette jolie chanson de Julos Beaucarne, interprétée par lui, tout en douceur et en tendresse :
"Ma jolie, ma tendre verte".

vendredi 11 juin 2010

Si je partais pour oublier

Un joli poème pour le week-end.
De Julos Beaucarne, bien sûr...


Si je partais pour oublier
Il est des feuilles dans le silence

Qui voudraient bien ne pas tomber

À l'automne de ma conscience


Mais sur les sables démoulés

Le bonheur ne s'arrêterait

Que l'instant qu'il faut pour rêver

À l'impalpable que l'on cherchait


Marée d'une âme qui revient

Sur l'aile grise des mouettes

À l'heure où l'on ne sait plus bien

De quoi parlaient les alouettes


Si je partais pour oublier

Il est des feuilles dans le silence

Qui voudraient bien ne pas tomber

À l'automne de ma conscience


Julos Beaucarne

jeudi 3 juin 2010

Caresses

N'écrit-on pas plus de mots avec des caresses
qu'avec son stylo ?

Julos Beaucarne

Mon frère qui aimait tant Julos Beaucarne...
Je viens de me rendre compte qu'ils avaient tous deux les mêmes initiales : J.B.

mardi 1 juin 2010

Comment puis-je te dire mon amour

(Un autre magnifique texte de Julos Beaucarne)

Personne n'est à moi que je sache,
Je m'appartiens à certains jours
quand nul, ni rien ne m'attache.

je voudrais te laisser couler
sans jamais faire de barrage,
sans t'empêcher de traverser
tout le beau pays de ton âge.

Comment puis-je te dire mon amour
l'oiseau qui vole est-il volage ?
Quelle est sa route et vers quel jour,
Vers quel nid court-il, vers quelle cage ?

J'ai l'espérance de libérance,
d'aurore de corps, de coeur et d'âme,
j'ai souhaitance d'envolance
au travers de l'air diaphane.

Comment puis-je te dire mon amour
Comment frôler ta transparence
et te le dire comme en plein jour
à la lueur de l'innocence.

comment savoir ce qui est bien,
pour toi, pour moi, pour tout le monde.

Comment faire pour que nos liens
ne deviennent noeuds à la longue ?

Comment puis-je te dire mon amour
sans être parfois questionneuse
Pourquoi ceci, pourquoi cela ?
qui était cette voyageuse ?

Je voudrais te laisser le droit
de marcher tes secrètes routes,
à l'abri de tous mes pourquoi
sans faire peser sur toi mes doutes.

Comment puis-je te dire mon amour :
sans jeter cette passerelle entre toi et moi
tous les jours qu'il pleuve, qu'il vente ou bien qu'il grêle ;

Je voudrais juste être à l'écoute
des paroles que tu ne dis pas
pour garder fort coûte que coûte
tout en fleur, le désir de toi !

Julos Beaucarne

mardi 4 mai 2010

Femmes et hommes

PAROLES SUBLIMES de la chanson de Julos Beaucarne :

FEMMES ET HOMMES

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,

ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...

On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,

alors le fleuve Amour coule tranquille,

les jours sont heureux sous les marronniers mauves,

Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,

alors soufflent les vents contraires,

le bateau tangue, la voile se déchire,

on met les canots à la mer,

les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.

La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;

La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire

ne peut plus supporter le son de votre voix.

Plus rien n'est négociable

On a jeté votre valise par la fenêtre,

Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,

Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?

Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?


Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent

Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents

ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même

Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,

Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,

alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,

Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie

et tant de temps à attendre des autres des signes,

des baisers, de la reconnaissance

Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,

Tout nous serait cadeau

Nous ne serions jamais déçus

On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même

Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin

Chacun est dans sa vie

et dans sa peau...

A chacun sa texture

son message et ses mots


Julos Beaucarne

samedi 1 mai 2010

Le chanteur du silence

Le 15 décembre 2009, en pensant à mon frère Jean, je mettais un poème de Julos Beaucarne.
Je ne connaissais pas cet écrivain, mais par hasard, j'étais donc tombée sur ce poème, et j'avais eu un véritable coup de coeur pour ses mots. J'ignorais alors que mon frère l'aimait lui aussi beaucoup... comme quoi...
Julos Beaucarne n'est pas seulement un écrivain, mais un véritable artiste, puisqu'il est également conteur, poète, comédien, chanteur, sculpteur. Si vous voulez en savoir plus sur lui, cliquez ici --> Julos Beaucarne
Ma soeur s'est procuré l'un de ses recueils et me l'a prêté. Je suis en train de le lire et ses mots me touchent. Aussi, j'ai envie de les partager avec vous. Je mettrai donc régulièrement quelques-uns de ses textes ou extraits sur mon blog.
En voici un premier :

C'était le chanteur du silence
des milliers de personnes venaient se taire avec lui dans d'immenses salles et sortaient deux heures après pénétrées de son silence

le chanteur silencieux leur avait tellement parlé tellement dit en ne disant rien qu'à la sortie de ce grand spectacle et en fut-il de plus grand les spectateurs éclatèrent de joie et s'embrassèrent le chanteur vint alors signer ses disques où ce n'était sur chaque face qu'un enregistrement de 5000 personnes qui se taisaient ensemble face au chanteur qui se taisait encore plus fort peut-on se taire davantage que se taire et on entendait en stéréophonie le va-et-vient du silence la communion silencieuse entre le chanteur et les 5000 personnes de son public le va-et-vient du silence dans le spectre duquel se cachent toutes les musiques


Julos Beaucarne

Mon terroir, c'est les galaxies

mardi 15 décembre 2009

Et si l'ombre était la lumière...

.
Et si ce que nous appelons l’ombre était la lumière...


Si l’être perdu était à jamais retrouvé parce qu’il est devenu un être de lumière qui veille sur nous et nous environne par tous les côtés…


Car les morts peuvent plus pour nous que les vivants, ils sont heureux lorsque nous sommes heureux, eux qui font leur chemin à l’envers ou à l’endroit de l’envers dans l’autre dimension.


Et si nous disions qu’ils ont quitté la vie pour rentrer dans une autre sorte de vie, qu’ils sont des messagers, des voyageurs, des anges gardiens plus attentifs à nous que jamais…


Car, en l’autre vie, ils entendent tout, tout ce qui vient de cette vie-ci est amplifié, répercuté mille fois dans l’autre.


Si nous voulons que ceux qui sont partis soient heureux, il nous faut être heureux pour les laisser partir, pour les laisser vivre leur vie hors vie, tout comme sur terre…


Julos Beaucarne

lundi 19 janvier 2009

Ces gens étranges

J'aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée

J'aime ces gens étranges
A la mémoire trouée
Qui échangent des bribes
De leurs vies effacées
Voyageurs sans papiers
Sans qualification
Ils sont ce que nous sommes
Et nous leur ressemblons

J'aime ces gens étranges
Qui repèrent la fausseté
Des gestes et des paroles
Réclament l'amour vrai
Carburent à la tendresse
Négligent tout le reste
Ils sont vérité nue
Ils aiment ou ils détestent

J'aime ces gens étranges
Qui ont le mal d'enfance
Comme le mal du pays
Qu'ils chercheraient en silence
Derrière l'apparence
De leur mémoire perdue
Leurs corps parlent une langue
Que nous n'entendons plus

Julos Beaucarne



Ce matin, ce poème sur la vieillesse, en souvenir de Jeanne, la maman d'un ami, qui nous a quittés vendredi matin...

.

FEMMES ET HOMMES

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots

Julos Beaucarne