vendredi 1 février 2008

L'espoir

Je ne dis pas : Il est trop tard,
Nous avons laissé se mourir la terre,
Elle ne portera plus
Les fruits de la lumière
Et ses graines de vie.
Je dis : Le ciel demeure
Ouvert au soleil, aux étoiles,
Tous les arbres n’ont pas péri,
Les feux brûlent aussi de joie.

Je ne dis pas : Il fait si noir
Que les hommes ne peuvent plus voir
Le visage de ceux qu’ils aiment,
Ils ont oublié le silence
Mais ne savent plus se parler.
Je dis : Chaque aube tient promesse,
Elle te rend ce que la nuit
Avait effacé pour toujours,
Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
Sur les plages bleues du matin.

Je ne dis pas : Les sources sont taries.
Je dis que rien jamais n’est perdu,
C’est à toi de creuser plus profond
Pour que l’eau pure à nouveau jaillisse.


Pierre Gabriel
Le Printemps des poètes, Anthologie, Seghers, Paris 2004, p. 90

11 commentaires:

  1. Magnifique poème de Pierre Gabriel.

    Se dire que rien jamais n'est perdu
    et que
    "Chaque aube tient promesse,
    Elle te rend ce que la nuit
    Avait effacé pour toujours,
    Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
    Sur les plages bleues du matin."

    Creuser plus profond, parfois, nous rend si fragile et désepéré et puis au moment inattendu l'eau jaillit.

    Superbes mots que ceux de ce poète

    Je te fais de gros bisous

    Bon Samedi

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  2. Merci, Françoise, pour la diffusion de ce si beau poème.
    Je retiens :le ciel demeure, la promesse et rien n'est perdu...
    Merci aussi pour ta fidélitè.
    Merci enfin de m'avoir fait connaître le site de Barbara.
    Faire une série de portraits accompagnés de commentaires est une excellente idée.
    Puis-je te souhaiter un bon dimanche?
    Je t'embrasse.

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  3. Bonsoir Françoise,

    Un si beau poème!!!

    "Chaque aube tient promesse" superbe. j'aime le matin, se réveiller. L'odeur du café, les chiens autour.. parfois, il suffit de si peu...

    Bon WE à toi et gros bisous.

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  4. Merci de nous partager ce si beau texte de Pierre Gabriel. Un bel hommâge à la vie, au recommencement, à notre planète qu'il faut préserver pour nos descendants.

    Bon dimanche et bisous de ta p'tite cousine du Québec.

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  5. Ne pas se faire d'illusion, ouvrir bien grands les yeux sur la dure réalité du monde mais ne jamais au grand jamais abdiquer.
    Too banal

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  6. Merci à vous pour vos visites.

    L'espoir... toujours garder l'espoir, c'est très important...
    L'espoir est comme le ciel des nuits : il n'est pas coin si sombre où l'oeil qui s'obstine ne finisse par découvrir une étoile.
    (Octave Feuillet)


    Bon dimanche à vous tous.
    Je vous embrasse.

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  7. Je te souhaite une très bonne nuit, Françoise.
    Je t'embrasse.

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  8. Ou comment voir la coupe à moitié pleine, plutôt qu'à moitié vide....
    Garder l'espoire, toujours.. après la pluie vient le beau temps....
    Il y a des jours où nous avons tendance à l'oublier.... mais il ne faut jamais.. lorsque l'on a touché le fond, on ne peut pas descendre plus bas... ou l'on meurt, on l'on remonte.... une main tendue, et on remonte plus vite...
    Merci Françoise!
    Mille Bisous

    Barbara

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  9. Mille bisous à toi aussi, ma Barbara.
    Je passerai chez toi demain soir.

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Laissez moi des petits mots,
j'aime tant les lire... :-)

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FEMMES ET HOMMES

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots

Julos Beaucarne