jeudi 17 janvier 2008

A l'écoute de son désir

Photo : Robert Doisneau

"Un jour, j'ai décidé de savoir me faire plaisir, de ne plus faire partie de ceux dont je dis qu'ils ont une inaptitude au bonheur." Une fois acquise la notion de plaisir, tous les comportements vont instinctivement s'écarter de ce qui peut nuire et tendre vers la création d'un bien-être. Mais encore faut-il savoir comment le rechercher. Il ne se laisse pas enfermer dans une définition précise ; il est différent non seulement pour chacun, mais également pour chaque moment de la vie.

Pour écouter son désir, et par là même trouver une sensation de bien-être, il faut, ce qui représente un véritable déconditionnement, se libérer du regard des autres sur soi. L'attitude "camaléon", l'hyperadaptation au désir de l'autre finit par aboutir à un décalage permanent entre ce que l'on désire vivre et ce que l'on vit. "J'ai peur, si je refuse d'obéir aux désirs de l'autre ou si je dis des phrases qu'il n'a pas envie d'entendre, de perdre son amour ; je vis dans l'obsession d'être rejetée."

Si nous nous imposons certains actes par peur du jugement d'autrui, et surtout par la peur de ne pas être toujours "aimables", nous empruntons des rôles successifs qui nous font perdre de vue qui nous sommes. "J'ai l'impression d'avoir tant de rôles à emplir à la fois que je ne sais plus ni qui je suis ni ce que je désire. Je manque totalement d'amour de moi, d'amour-propre, dans le sens où l'autre est roi avec ses désirs et ce qu'il impose. J'ai l'impression de ne plus exister que dans l'image de ce que les autres attendent de moi." Nous ne savons plus ensuite si nous sommes appréciés pour ce que nous sommes ou pour ce que nous prétendons être et, bien loin d'être rassurés par ce type de comportement, notre incertitude quant à l'amour que nous sommes susceptibles ou non de susciter chez les autres, ne fait finalement que croître.

Depuis notre enfance, nous sommes à la recherche d'une reconnaissance qui puisse enfin nous permettre de nous accepter tels que nous sommes. Ce que nos parents attendent de nous constitue par conséquent un support référentiel : pour ou contre, nous nous définissons par rapport à leur attente. Et ensuite, par rapport à ce que nous imaginons être celle des autres. "Tout ce que je fais, je le fais pour plaire... ou pour déplaire ; je suis sans cesse dans la séduction ou la provocation. Je finis par me demander : où suis-je ? Où est ma liberté là-dedans ?"

Aime-toi, la vie t'aimera, Cath. Bensaïd, Ed. R. Laffont, 1992, p. 108-109

7 commentaires:

  1. Cherchons notre épanouissement et ne prêtons point l'oreille au qu'on dira-t-on...
    Comme je l'ai écrit quelque part :
    "Grain de sable,
    Grain de beauté
    ou grain de folie...
    Sois l'exception
    qui ne confirme aucun reg"

    Photoeil

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  2. l'image qu'on renvoie aux autres n'est toujours pas la même que nous ressontons à l'intérieur de nous , et ce à cause du poids des préjugés et des tabous , ou de cetaines contraintes d'ordre moral ou religieux .mais ce n'est pas cette image qui compte, le plus important est d'être bien dans sa peau et dans sa tête merci françoise pour ce beau sujet et bonne journée à toi

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  3. Bonjour Françoise,

    Quelle bonne idée de venir "faire la curieuse" chez moi, cela me permet de découvrir un espace dont la philosophie m'enchante. Je reviendrai également. Bonne journée à toi et à très bientôt

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  4. Réflexions philosophiques passionnantes, qui sont proches de nos interrogations présentes.
    Je te remercie beaucoup, Françoise, et te souhaite un bon week-end.
    A très bientôt.

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  5. Merci de vos visites et commentaires Photoeil, Moghrama, Mathilde (bienvenue à toi !) et Herbert.
    Je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'être soi, même si l'on déplaît à certains. Après tout, on ne peut pas plaire à tout le monde. Avançons, partageons avec ceux qui nous aiment tels que nous sommes, et n'essayons pas de se changer pour plaire et pour atteindre les autres. Restons nous-mêmes avant tout, ne trichons pas avec nous-mêmes, je crois que c'est vraiment primordial.

    Passez une bonne soirée. Je vous embrasse.

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  6. Chère Françoise....
    être à l'écoute de son désir... peu parfois provoquer des catastrophes....
    Ce fut une soirée très éprouvante... les fantomes qui remontent...
    Je te mail demain....
    Merci pour ton affection

    Mille baisers du soir

    Barbara

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  7. Gros bisous à toi aussi, petite Barbara.
    A demain.

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Laissez moi des petits mots,
j'aime tant les lire... :-)

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FEMMES ET HOMMES

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots

Julos Beaucarne