jeudi 7 février 2008

Ce tic tac assourdi

À l'heure où le vent tombe
où le jour se suspend
lorsque les hirondelles ne sortent plus du nid
quand la chouette chevêche se prépare à chasser
quand les feuilles des arbres parlent à voix si basse
que leur chuchotement est tissé de silence

ce battement de sang ce tic-tac assourdi
est-ce ton cœur ? Est-ce le mien ?
Est-ce la mer qui inspire et respire
ou le souffle du temps qui passe et glisse et fuit ?
Écoute
Des pas légers hésitent dans le noir
Qui vient à la rencontre ? Qui se tait ? Qui attend ?
Est-ce toi ? Est-ce moi ? Est-ce nous deux ensemble ?

Claude Roy, Le silence de la nuit
L'année poétique 2005, Anthologie Seghers

4 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Bonjour, Françoise. J'ai supprimé le premier message, en raison d'erreurs d'orthographe...
    Le tic-tac , c'est le battement du coeur, incessant.
    Quant à Klmt, son tableau est éblouissant.
    Très bonne journée, Françoise, et à bientôt...

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  3. Je ne sais plus qui a dit avec raison que l'horloge ne sonne pas pour les gens heureux...
    Too banal

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  4. Oui Herbert, le tic tac, c'est le coeur qui bat au rythme des autres coeurs, de l'autre coeur...

    Ta réflexion n'est pas fausse Too banal... Les gens heureux n'ont rien à faire du temps qui passe, ils vivent dans un espace intemporel...

    Merci à vous deux. Bonne soirée.

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Laissez moi des petits mots,
j'aime tant les lire... :-)

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FEMMES ET HOMMES

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,
Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles...
On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille,
les jours sont heureux sous les marronniers mauves,
Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.
La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui;
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.
Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même
Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie,
alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie
et dans sa peau...
A chacun sa texture
son message et ses mots

Julos Beaucarne